Marc-Aurèle ou la philosophie du chill

4 conseils millénaires pour être en paix avec le monde

Marc-Aurèle est un pionnier dans le domaine de la maîtrise de soi. C’est bien simple : alors qu’en l’an 170, il est à la tête d’un des plus grands empires de l’Histoire (cinq millions de km² à l’époque), M.-A. se lance dans la rédaction d’un manuscrit pour garder à l’esprit les principes d’une vie intérieure saine et équilibrée. En parallèle, il gère les dizaines de conflits militaires qui menacent l’Empire, une peste qui dévaste sa population et la mort de son co-empereur et gars sûr Lucius Verus. Devant ce flow qui a traversé les âges, nous avons décidé de vous transmettre ses principaux conseils, remis au goût du jour, pour garder la tête froide en toute circonstance.

Marcus Aurelius, Empereur Romain de 161 à 181 apr. J.C.

Marc-Aurèle est un pionnier dans le domaine de la maîtrise de soi. C’est bien simple : alors qu’en l’an 170, il est à la tête d’un des plus grands empires de l’Histoire (cinq millions de km² à l’époque), M.-A. se lance dans la rédaction d’un manuscrit pour garder à l’esprit les principes d’une vie intérieure saine et équilibrée. En parallèle, il gère les dizaines de conflits militaires qui menacent l’Empire, une peste qui dévaste sa population et la mort de son co-empereur et gars sûr Lucius Verus. Devant ce flow qui a traversé les âges, nous avons décidé de vous transmettre ses principaux conseils, remis au goût du jour, pour garder la tête froide en toute circonstance.

Marcus Aurelius, Empereur Romain de 161 à 181 apr. J.C.

Qui a besoin d’une thalasso coûteuse ou d’une retraite en monastère pour trouver la paix ? Votre esprit est le seul sanctuaire dont vous avez besoin ; s’il y a un lieu où fuir le monde et l’agitation, c’est bien celui-là : personne pour vous y embêter, ouvert 24h/24-7j/7 (même en période de covid) et vous en êtes le seul propriétaire !

Bon, ok, votre esprit n’est peut-être pas tout le temps un lieu paisible où il semble bon de se retirer. Nous connaissons tous ces moments où une joyeuse cacophonie règne dans notre tête. Pas de panique, nous dit Marc-Aurèle : pour que notre esprit reste en ordre, il suffit de se répéter ces quelques principes le plus régulièrement possible. On vous conseille de les noter sur un post-it et de les accrocher sur le mur de vos toilettes.

Toi aussi tu remplis tes marges de petits griffonnages infects ? On est contents que tu aies trouvé cet article.

Qui a besoin d’une thalasso coûteuse ou d’une retraite en monastère pour trouver la paix ? Votre esprit est le seul sanctuaire dont vous avez besoin ; s’il y a un lieu où fuir le monde et l’agitation, c’est bien celui-là : personne pour vous y embêter, ouvert 24h/24-7j/7 (même en période de covid) et vous en êtes le seul propriétaire !

Bon, ok, votre esprit n’est peut-être pas tout le temps un lieu paisible où il semble bon de se retirer. Nous connaissons tous ces moments où une joyeuse cacophonie règne dans notre tête. Pas de panique, nous dit Marc-Aurèle : pour que notre esprit reste en ordre, il suffit de se répéter ces quelques principes le plus régulièrement possible. On vous conseille de les noter sur un post-it et de les accrocher sur le mur de vos toilettes.

Toi aussi tu remplis tes marges de petits griffonnages infects ? On est contents que tu aies trouvé cet article.

Conseil n°1 :

Contre qui, en effet, as-tu de l’amertume ? Contre la méchanceté des hommes ? Reporte-toi à ce jugement que les êtres raisonnables sont nés les uns pour les autres, que se supporter est une partie de la justice, que les hommes pèchent involontairement, que tous ceux qui jusqu’ici se sont brouillés, soupçonnés, haïs, percés de coups de lances, sont allongés, réduits en cendres ! Calme-toi donc enfin.

Ton voisin t’embrouille à cause de ta musique, que tu as pourtant baissée pour la troisième fois ? Ta coloc porte ton (!) jean préféré ? Brandon est sorti avec Jessica dans ton dos alors que c’est toi qui étais sur elle depuis le début ? Dis-toi que si la vie en société n’est parfois pas un cadeau, elle fait partie intégrante de notre condition d’animaux sociaux : deal with it avec honneur et vertu et tu en sortiras grandi. Et si la rancœur ne te lâche pas, rappelle-toi qu’on meurt tous un jour et que devant la tombe, ces petites querelles du quotidien te sembleront dérisoires.

Faire la paix, parfois, ça soulage. Offrez des fleurs !

Conseil n°2 :

Les choses du corps ont-elles alors fait mainmise sur toi ? Considère que la pensée ne se mêle point aux agitations douces ou violentes du souffle vital, une fois qu’elle s’est recouvrée elle-même et qu’elle a reconnu sa propre force ; et enfin rappelle-toi ce que tu as entendu et admis sur la douleur et sur le plaisir.

Tu es mis aux abois par une carie qui te fait souffrir ? Ou au contraire, tout ton être se consume de plaisir à l’écoute du nouvel album d’Aya Nakamura et tu t’indignes contre ce satané covid qui t’empêche d’aller zouker en boîte ? Retrouve l’équilibre en ton for intérieur : tu peux connaître douleur et plaisir sans que ton esprit n’en soit mis sens dessus dessous. Si tu préserves le cours de ta pensée des états incontrôlables de ton corps, tu pourras vivre ta vie intensément sans perdre l’équilibre.

Ton monde intérieur t’appartient. À toi de choisir ce qu’il sera face à la difficulté.

Conseil n°1 :

Contre qui, en effet, as-tu de l’amertume ? Contre la méchanceté des hommes ? Reporte-toi à ce jugement que les êtres raisonnables sont nés les uns pour les autres, que se supporter est une partie de la justice, que les hommes pèchent involontairement, que tous ceux qui jusqu’ici se sont brouillés, soupçonnés, haïs, percés de coups de lances, sont allongés, réduits en cendres ! Calme-toi donc enfin.

Ton voisin t’embrouille à cause de ta musique, que tu as pourtant baissée pour la troisième fois ? Ta coloc porte ton (!) jean préféré ? Brandon est sorti avec Jessica dans ton dos alors que c’est toi qui étais sur elle depuis le début ? Dis-toi que si la vie en société n’est parfois pas un cadeau, elle fait partie intégrante de notre condition d’animaux sociaux : deal with it avec honneur et vertu et tu en sortiras grandi. Et si la rancœur ne te lâche pas, rappelle-toi qu’on meurt tous un jour et que devant la tombe, ces petites querelles du quotidien te sembleront dérisoires.

Faire la paix, parfois, ça soulage. Offrez des fleurs !

Conseil n°2 :

Les choses du corps ont-elles alors fait mainmise sur toi ? Considère que la pensée ne se mêle point aux agitations douces ou violentes du souffle vital, une fois qu’elle s’est recouvrée elle-même et qu’elle a reconnu sa propre force ; et enfin rappelle-toi ce que tu as entendu et admis sur la douleur et sur le plaisir.

Tu es mis aux abois par une carie qui te fait souffrir ? Ou au contraire, tout ton être se consume de plaisir à l’écoute du nouvel album d’Aya Nakamura et tu t’indignes contre ce satané covid qui t’empêche d’aller zouker en boîte ? Retrouve l’équilibre en ton for intérieur : tu peux connaître douleur et plaisir sans que ton esprit n’en soit mis sens dessus dessous. Si tu préserves le cours de ta pensée des états incontrôlables de ton corps, tu pourras vivre ta vie intensément sans perdre l’équilibre.

Ton monde intérieur t’appartient. À toi de choisir ce qu’il sera face à la difficulté.

Conseil n°3 :

Mais peut-être as-tu de l’amertume contre le lot que l’ensemble t’assigne ? Rappelle-toi le dilemme : ou une Providence ou des atomes, et par quels arguments il a été prouvé que l’univers est comme une cité.

C’est la vie que tu trouves trop injuste ? Plutôt que de t’insurger contre la « sociéter » (avec un grand R), garde en tête que l’univers a bien d’autres choses à faire que de s’acharner contre toi et que les malheurs qui t’arrivent ne sont rien d’autre que le fruit du hasard. Relève la tête et attends tranquillement que la roue tourne.

Conseil n°4 :

Mais peut-être sera-ce la gloriole qui te sollicitera ? Jette les yeux sur le très prompt oubli dans lequel tombe toutes choses, sur le gouffre du temps qui, des deux côtés, s’ouvre à l’infini, sur la vanité du retentissement, la versatilité et l’irréflexion de ceux qui paraissent te bénir, l’exiguïté du lieu où la renommée est circonscrite. La terre entière, en effet, n’est qu’un point, et quelle infime parcelle en est habitée ! Et là, combien d’hommes, et quels hommes, auront à te louer !

Cette fois, tu déplores le nombre de likes (45, seulement ??) que tu as eu sur ton nouveau post IG alors que franchement, vu ton bronzage et tes abdos apparents, ça en valait bien le double ? La gloire n’est que vanité et même PewDiePie et Kylie Jenner seront tombés dans l’oubli dans quelques dizaines d’années. Au lieu de chercher à plaire à tout le monde, profite du temps qui t’es donné pour faire quelque chose qui compte ici et maintenant. L’univers est bien trop grand pour dédier sa vie à l’approbation superficielle et momentanée d’une infime partie de ses habitants.

Conseils finaux :

Il reste donc à te souvenir de la retraite que tu peux retrouver dans ce petit champ de ton âme. Et, avant tout, ne te tourmente pas, ne te raidis pas ; mais sois libre et regarde les choses en être viril, en homme, en citoyen, en mortel. Au nombre des plus proches maximes sur lesquelles tu te pencheras, compte ces deux : l’une, que les choses n’atteignent point l’âme, mais qu’elles restent confinées au dehors, et que les troubles ne naissent que de la seule opinion qu’elle s’en fait. L’autre, que toutes ces choses que tu vois seront, dans la mesure où elles ne le sont point encore, transformées, et ne seront plus. Et de combien de choses les transformations t’ont déjà eu pour témoin ! Songes-y constamment. « Le monde est changement ; la vie, remplacement. »

Vous êtes désormais paré pour vous réfugier dans votre esprit à chaque fois que l’agitation du monde extérieur le rend nécessaire. Disposer de cette petite oasis intérieure vous permettra de vivre votre vie sur des bases stables, en gardant la tête haute à chaque instant, en restant bienveillant avec ceux qui vous entourent (oui, même Brandon et votre voisin) et en étant conscient que chaque jour doit être pleinement vécu. Oui mais voilà : tous ces conseils sont beaucoup trop longs pour le mini post-it que vous aimeriez accrocher au-dessus de vos wc. Pas de panique, vous pouvez vous en sortir en gardant à l’esprit les deux maximes suivantes : d’abord, que vous êtes le seul maître de votre esprit. Les événements extérieurs ne vous affectent que parce que vous le leur permettez. Ensuite, que dans la vie, tout change, tout est temporaire. L’existence n’est qu’un continuum de transformations successives. Profitez donc des bons moments comme s’ils étaient les derniers et ne désespérez pas des moments sombres : un jour, ils seront derrière vous.

Conseil n°3 :

Mais peut-être as-tu de l’amertume contre le lot que l’ensemble t’assigne ? Rappelle-toi le dilemme : ou une Providence ou des atomes, et par quels arguments il a été prouvé que l’univers est comme une cité.

C’est la vie que tu trouves trop injuste ? Plutôt que de t’insurger contre la « sociéter » (avec un grand R), garde en tête que l’univers a bien d’autres choses à faire que de s’acharner contre toi et que les malheurs qui t’arrivent ne sont rien d’autre que le fruit du hasard. Relève la tête et attends tranquillement que la roue tourne.

Conseil n°4 :

Mais peut-être sera-ce la gloriole qui te sollicitera ? Jette les yeux sur le très prompt oubli dans lequel tombe toutes choses, sur le gouffre du temps qui, des deux côtés, s’ouvre à l’infini, sur la vanité du retentissement, la versatilité et l’irréflexion de ceux qui paraissent te bénir, l’exiguïté du lieu où la renommée est circonscrite. La terre entière, en effet, n’est qu’un point, et quelle infime parcelle en est habitée ! Et là, combien d’hommes, et quels hommes, auront à te louer !

Cette fois, tu déplores le nombre de likes (45, seulement ??) que tu as eu sur ton nouveau post IG alors que franchement, vu ton bronzage et tes abdos apparents, ça en valait bien le double ? La gloire n’est que vanité et même PewDiePie et Kylie Jenner seront tombés dans l’oubli dans quelques dizaines d’années. Au lieu de chercher à plaire à tout le monde, profite du temps qui t’es donné pour faire quelque chose qui compte ici et maintenant. L’univers est bien trop grand pour dédier sa vie à l’approbation superficielle et momentanée d’une infime partie de ses habitants.

Conseils finaux :

Il reste donc à te souvenir de la retraite que tu peux retrouver dans ce petit champ de ton âme. Et, avant tout, ne te tourmente pas, ne te raidis pas ; mais sois libre et regarde les choses en être viril, en homme, en citoyen, en mortel. Au nombre des plus proches maximes sur lesquelles tu te pencheras, compte ces deux : l’une, que les choses n’atteignent point l’âme, mais qu’elles restent confinées au dehors, et que les troubles ne naissent que de la seule opinion qu’elle s’en fait. L’autre, que toutes ces choses que tu vois seront, dans la mesure où elles ne le sont point encore, transformées, et ne seront plus. Et de combien de choses les transformations t’ont déjà eu pour témoin ! Songes-y constamment. « Le monde est changement ; la vie, remplacement. »

Vous êtes désormais paré pour vous réfugier dans votre esprit à chaque fois que l’agitation du monde extérieur le rend nécessaire. Disposer de cette petite oasis intérieure vous permettra de vivre votre vie sur des bases stables, en gardant la tête haute à chaque instant, en restant bienveillant avec ceux qui vous entourent (oui, même Brandon et votre voisin) et en étant conscient que chaque jour doit être pleinement vécu. Oui mais voilà : tous ces conseils sont beaucoup trop longs pour le mini post-it que vous aimeriez accrocher au-dessus de vos wc. Pas de panique, vous pouvez vous en sortir en gardant à l’esprit les deux maximes suivantes : d’abord, que vous êtes le seul maître de votre esprit. Les événements extérieurs ne vous affectent que parce que vous le leur permettez. Ensuite, que dans la vie, tout change, tout est temporaire. L’existence n’est qu’un continuum de transformations successives. Profitez donc des bons moments comme s’ils étaient les derniers et ne désespérez pas des moments sombres : un jour, ils seront derrière vous.

Eh oui, avant la gen Z, il y avait Narcisse, personnage mythologique tombé amoureux de son propre reflet.

Bibliographie :
Marc-Aurèle, Pensées pour moi-même, Livre IV, pensée III, trad. Mario Meunier

Crédits images :
Hayao Miyazaki, Le château dans le ciel, 1986

L’auteure :

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